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Sylvaine Cussot et le GR20 : carnet de bord d’un défi de taille

Les articulations commençaient à couiner, les genoux à rouiller.

Ah la Corse, ses plages, ses criques, ses ports... et ses montagnes. Pour la traverser, le fameux GR20 – Fra Li Monti de sa véritable identité – permet de sillonner l’Île de beauté du nord au sud (en diagonale). Départ à Calenzana, près de Calvi, arrivée à Conca, petit village situé au nord de Porto-Vecchio, au sud-est de la Corse, soit 171 km, 16 étapes et 11500 m de dénivelé, avec comme point culminant la Pointe des Éboulis, qui culmine à 2607 m d’altitude.

Si le site gr-20.fr conseille de le préparer en huit jours, I-run.fr et Gore-Tex ont eu l’idée de proposer à quatre passionnés et pratiquants de trail-running de boucler le GR20 de bout en bout... en seulement cinq jours. Pour Sylvaine Cussot, c’est « un objectif réalisable, mais pas sans une bonne préparation, une condition physique solide et une expérience de la montagne ». La championne est accompagnée par Yoann Stuck et Guillaume Peretti (ex-recordman du GR20), références de la discipline et Brice Sarti, guide et spécialiste du GR20. En piste !

Jour 1 : « Il faut que je me reconcentre »

Sélectionnés parmi plus de 400 candidatures, Louise, Agathe, Mathieu et Guillaume, les « heureux élus », prennent le départ pour le Haut Ascu au niveau du gîte de Calenzana dès 6h du matin, donc de nuit, armés de lumières frontales. Le « défi infernal » peut commencer. « Une première  longue ascension à la pente douce nous met tranquillement dans le bain, narre Sylvaine Cussot. Les premiers panoramas s’offrent à nous dès le lever du soleil. » La première partie du GR 20 est réputée pour être la plus rude, les sections alpines se trouvant majoritairement sur cette portion, bordées de parties sauvages qui font le charme de la Corse. Le terrain est technique, « avec des cailloux à enjamber, des montées dos courbé, des descentes accroupis sur les mains », décrit l’intéressée. Pourtant rompue à l’exercice, Cussot chute deux fois. « Il faut que je me reconcentre ».

Jour 2 : « Ça valait le coup ! »

Le lendemain, la journée est marquée par une montée avec 1200m de dénivelé en 5 km, qui fait passer les huit acolytes par la pointe des Éboulis, le point le plus haut du parcours. Le groupe l’avale en 2h10, avec à l’arrivée un paysage « magique ». « Ça valait le coup ! », souffle Sylvaine Cussot. La descente, à 1300 m d’altitude, se révèle plus compliquée, toujours aussi technique mais « très cassante musculairement ». La fin d’étape, plus roulante avec des faux plats descendants et un terrain davantage forestier, permettent « d’allonger la foulée » pour rallier le col de Verghju et de recharger les batteries, d’une certaine manière...

Jour 3 : Le jour le plus long

Sylvaine Cussot et ses compagnons de route enchaînent leur troisième jour de trail, cap vers Vizzavona. « Le jour le plus long », digne du film de guerre américain : 10h50 de course, 41 km parcourus, jusqu’à 2650 m de dénivelé, avec « des longues ascensions et des descentes bien cassantes ».  Soit « 3,5 étapes en une ». Mais une journée – « la plus exigeante mais la plus belle de toutes » selon Sylvaine Cussot – qui restera dans les mémoires lors du passage au lac Nico.

Jour 4 & 5 : « petits » bobos, passages de crêtes et moral au top

Avant dernier jour de course, en route pour le refuge d’Usciolu. La veille, « les articulations commençaient à couiner, les genoux à rouiller... ». Mais le profil de l’étape, plus vallonné et roulant en forêt, permet aux traileurs de se faire plaisir et d’accumuler rapidement les kilomètres. Le passage de crêtes et de portions « longues et techniques » en fin de parcours n’affaiblit pas leur moral et la bonne ambiance régnante. « C’est la base ! », insiste Cussot. Malgré quelques « petits bobos », le groupe trouve que « les jambes sont plus fraîches maintenant qu’hier ». Les chevaux seront lâchés jusqu’à Conca, lors de la cinquième et ultime étape, même si le massif de Bavella aura eu raison de Louise (abandon) et causé les toutes dernières difficultés de ce défi infernal. « Quel parcours incroyable ! Quelle aventure partagée ! », s’enflamme Sylvaine Cussot. On ne peut pas dire mieux.

Ce défi vous a conquis ? Maintenant, c’est à vous de faire le grand saut sur les plus beaux parcours de trails en France ! Pourquoi ne pas tenter de passer le Trou de la Mouche à La Clusaz, traverser le lac du retour à La Rosière ou de gravir le Mont d’Or à Métabief ?

Par Asics, publié le 21/11/2018