On a interviewé Martial, arrivé dernier au Marathon de Paris

Asics Logo

Dimanche se tenait le 42e Marathon de Paris, qui a rassemblé pas moins de 43 000 coureurs venus des quatre coins du globe pour prendre d’assaut la capitale. Parmi eux, Martial, 53 ans, arrivé dans les derniers après 6 heures de course.

Si le monde du sport célèbre traditionnellement les podiums et la performance, nous avons choisi de mettre en lumière les derniers arrivés, ces finishers qui passent la ligne après six heures de course – ce qui est déjà une performance. Tenir si longtemps sans jeter l’éponge fut récompensé : les coureurs ont été accueillis par les deux premiers arrivés, comme un symbole de fraternité entre marathoniens.

© Nicolas Jacquemin / La Clef

Avant qu’il ne reprenne son souffle et obtienne enfin sa médaille, nous avons rencontré Martial, notre champion à nous, qui a précédé de peu la voiture-balai.

Konbini | Bonjour et bravo ! Vous voilà enfin arrivé, vous aviez prévu de faire quel temps ?

Martial | J’avais prévu de finir en 4 heures et demie, mais ce sont les aléas de la course, ça ne se passe jamais comme prévu. Je m’étais bien préparé mais des douleurs soudaines aux hanches ont perturbé mon rythme. Je suis fier d’avoir terminé malgré ces conditions.

Vous avez fini en combien de temps, du coup ?

J’ai fini celui-ci en 6 heures et des brouettes, mais honnêtement, le chronomètre, je m’en moque. C’est ce qui est beau dans le marathon : l’essentiel, c’est de finir la course !

Martial, triomphant après plus de six heures de course

On est en plein dans l’esprit de Pierre de Coubertin : "L’important c’est de participer."

Je pense même qu’il serait fier de moi, oui [rires] !

Qu’est-ce qui vous fait tenir pendant la course ?

Il y a ma famille qui m’attend à l’arrivée et puis, courir c’est du plaisir. C’est mon 6e marathon de Paris et à chaque fois, c’est un moment merveilleux. C’est comme si on avait la ville rien que pour nous.

Quel a été le pire moment dans cette course ?

Je dirais que lorsque l’on sort des tunnels en montée sur les quais de Seine, c’est le pire moment du parcours. Ça casse les jambes, c’est difficile.

Cela fait combien de temps que vous courez ?

Je cours depuis ma jeunesse mais j’étais plutôt sprinteur. Je n’ai jamais été un grand coureur de fond. Je suis aussi judoka et j’ai été rugbyman.

De quoi avez-vous le plus envie, là, maintenant ?

BOIRE ! Quelque chose avec des bulles surtout. De l’eau pétillante [rires].

C’est quoi le programme, du coup ?

Oh bah, on va aller boire un coup tous ensemble, puis je vais rentrer prendre une bonne douche. Après, il faut que je me repose, demain je vais travailler.

Martial, notre médaillé d'or à nous

Avec un chrono flirtant avec les 6 heures et une blessure qui aurait poussé nombre d’athlètes à abandonner, Martial fait figure de véritable héros du quotidien, illustrant parfaitement la formule bien connue "les derniers seront les premiers". Bien que l’histoire se souvienne avant tout des vainqueurs, elle n’oublie pas non plus ceux qui font preuve d’héroïsme dans la défaite.

Martial n’est pas le premier à s’illustrer en terminant dernier. Le Britannique Michael Edwards, surnommé Eddie "The Eagle" détenait le record de saut à ski au Royaume-Uni et a été hissé au rang de légende après être arrivé deux fois dernier aux sauts de 70 et 90 mètres aux JO de 1988. Plus il sautait mal, plus le public l’aimait. Il a eu l’honneur de porter la flamme olympique des JO de 2010 et a même eu droit à un biopic en 2016.

Alors peu importe le score, l’important, c’est de bouger. Pas vrai ?

V2 - PLS
  • 0