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Par Asics

Peu importent les règles, la raison ou le score, l’essentiel c’est de bouger.

Cela fait presque dix ans qu’Antoinette Nana Djimou n’a pas eu de vacances. C’est chose faite. Elle en revient l’esprit libre et combatif.

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Cette double championne d’Europe d’heptathlon (2012 et 2014) et de penthatlon en salle (2011 et 2013), ne recule devant rien. Si vous avez déjà du mal à vous engager pleinement dans un seul sport, Antoinette en maîtrise sept: : 100 mètres haies, saut en longueur, saut en hauteur, 200 mètres, lancer du poids, lancer du javelot et 800 mètres. 

Arrivée au club de Montreuil en 2001, auquel elle est toujours attachée et rattachée, elle teste tout. « Ce sont mes entraineurs qui m’ont fait découvrir l’heptathlon, je m’ennuyais à faire seulement de la course à pied. Je voulais tout faire. C’est grâce à mon club si je suis devenue ce que je suis aujourd’hui. Mes formateurs ont vu mon potentiel, ce dont j’étais capable et m’ont accompagnée dans ce sens. J’ai eu la chance d’être très bien entourée dès le début. » Le sport comme une échappatoire, Antoinette se plaît à dire que ce n’est pas elle qui a choisi l’heptathlon mais l’heptathlon qui l’a choisie.

Depuis sa première médaille internationale en 2009, aux championnats d’Europe à Turin, où elle se hisse sur la 3ème marche du podium en pentathlon, Nana Djimou n’a jamais cessé de transpirer. « Ce jour-là, j’ai su que ça devenait sérieux, ce que je prenais jusque-là pour un jeu, ne l’était plus. Cette médaille a été un vrai déclencheur, alors qu’à l’origine, je faisais juste ces championnats pour participer. Je ne m’attendais pas à ça. »

Des médailles et des blessures

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Celle qui commence l’athlétisme à l’âge de 15 ans « parce qu’elle s’ennuie » finit par ne plus penser qu’aux médailles. « Je n’imaginais pas être capable de réaliser une telle performance. Et maintenant que je sais ce dont je suis capable, je n’arrive pas à atteindre tous mes objectifs » sourit-elle. Au-delà de ses performances de championne d’Europe, elle évoque les jeux olympiques de 2016, à Rio, « je devais avoir une médaille, mais ça ne s’est pas passé comme prévu. J’étais prête une semaine trop tôt et du coup j’ai tout foiré. Ces Jeux ont été horribles, à chaque épreuve, je plongeais. Je n’étais pas là. J’ai subi la compétition du début à la fin. C’est la première fois que ça m’arrivait. »

2016 est l’année de la cassure et de son dernier podium, vice championne d’Europe en heptathlon à Amsterdam ; s’ensuit un besoin de changement radical. Antoinette quitte Paris pour Montpellier et change de coach. Les blessures, sans gravités, s’enchaînent. Mais elle reste à l’écoute de son corps et prend ces signaux comme des alertes. Un coach mental ? Très peu pour elle. Elle essaye quand même. « En Afrique, ce n’est pas quelque chose de commun, je n’y suis pas habituée. J’ai trouvé ça très bizarre quand on m’a proposé. Et puis qui ne tente rien n’a rien. J’ai découvert que ce que je faisais avec eux, je savais le faire toute seule. Je n’aime pas trop être téléguidée. Ce qui est bien, au moins, c’est que je peux parler à quelqu’un. » C’est en effet dans la parole que cette professionnelle de 33 ans trouve sa concentration, aussi bien entre les épreuves qu’à l’entraînement.

Stop et on recommence

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En juillet 2018, c’est la blessure de trop. Elle annonce, « j’arrête la saison », pour la première fois de sa carrière. « Je n’ai jamais eu de vraies vacances, de vraie coupure, j’ai dit merde. Je n’avais jamais dit stop à personne. Mon corps et surtout ma tête, avaient besoin de voir autre chose, de ne plus entendre parler de sport, de ne plus être contraints, de ne plus avoir d’horaires. Tout était trop, il me fallait une pause et vite. » Pendant trois mois, Antoinette prend le temps de vivre pour elle. Une décision qu’elle n’a jamais regrettée et qui l’a même soulagée. « C’est simple, je n’ai rien fait, rien rien rien ! » le sourire jusqu’aux oreilles. « Bien sûr, j’ai eu un pincement au cœur quand je suis allée voir les championnats d’Europe à Berlin en août, mais c’est tout. »

Cette championne souligne le soutien permanent qu’elle a reçu de la part de son entourage, sportif et personnel, avec une mention spéciale pour son sponsor. « Asics ne m’a jamais laissé tomber. C’est important de se sentir soutenue par son sponsor. Ils ont toujours été là et le sont toujours. Que je sois blessée, en pleine forme, que je fasse des podiums ou non, ils ont toujours pris de mes nouvelles. Et je les en remercie. » C’est donc le cœur et le corps allégés qu’un beau matin d’octobre, Antoinette est revenue à l’entraînement. Elle rit, « quand mon coach m’a vu arriver, il m’a lancé : « Ah toi ! Tu vis ! C’est bien de donner des nouvelles ! » J’en ai un peu chié aux premiers entraînements, mais la mémoire corporelle finit par faire le reste ! »

Il reste encore deux ans à Antoinette pour se dépasser et atteindre l’or « et après les Jeux de Tokyo j’arrête ! Y a encore plein d’autres choses à faire ! »