Par Paul Bémer

Comme son nom l'indique, le car curling n'est ni plus ni moins que du curling avec des voitures. Du grand n'importe quoi qui nous vient de Russie, évidemment.

À l'origine, cela ne devait être q'un one shot. Une folie à usage unique organisée dans un stade d'Ekaterinbourg, en plein coeur de l'Oural. Une idée qui a germé dans la tête d'une entrepreneuse locale, Galina Kirkach : "Le curling à la télé, ça a toujours l'air un peu ennuyeux. J'y ai joué une fois, et j'ai adoré, alors je me suis demandé comment rendre ce sport plus attractif". Un mois plus tard, en mars 2017, la première compétition "officielle" de car curling voyait le jour. Le temps "d'acheter six voitures, de préparer la glace et d'enlever les moteurs pour la meilleure adhérence possible", dixit la patronne de l'évènement au micro de l'agence de presse russe, TASS.

Le temps surtout de "glacer" un terrain de foot entier pour donner naissance à son "sport" dans des conditions optimales. Et qui dit "sport" dit "règles du jeu". En l'occurence, le premier tournoi de car curling rassemblait quatre équipes de dix joueurs : neuf qui poussent et un pilote pour diriger comme il peut une petite voiture de la marque Oka (la version russe de la Fiat 500, en gros) jusqu'à la cible centrale. Tout comme au curling, en fait. À ceci près que le sacrosaint balai qui facilite la glisse des pierres dans la version originale est ici absent des débats. Pas même un type pour frotter la glace avec une peau de chamois. Rien. Niet. Sans doute parce qu'une fois la bagnole lancée, la quasi totalité des pousseurs perd l'équilibre et s'effondre. Là encore, comme au curling, l'équipe qui score le plus de points à l'issue de ses neuf tentatives remporte la partie et, en cas de victoire finale, la prime de 100 000 roubles qui va avec (un peu plus de 1300 euros, ndlr).

Derrière ce joyeux bordel, Galina Kirkach qui - ça ne s'invente pas - bosse pour une compagnie d'assurance auto, a eu la bonne idée de glisser un message de prévention routière : "Avec le nombre d'accidents qu'on a sur la route, on s'est dit que ce serait un bon moyen de sensibiliser les gens aux dangers de la conduite". Sauf que dans ce cas précis, personne n'a eu besoin de choisir entre boire ou conduire.