Mathilde Gros, la championne de cyclisme sur piste qui n'aimait pas pédaler

Hier, à seulement 19 ans, elle est devenue championne d'Europe de cyclisme sur piste, en keirin. Il y a quatre ans, elle était basketteuse à Aix-en-Provence et n'aimait pas pédaler. Récit d'un sprint express vers les titres et les JO.

Difficile de l'ignorer, Mathilde Gros a des capacités, un physique et une puissance hors-norme. Quand elle franchit la ligne d'arrivée en tête, hier, elle est certes essoufflée, mais clairement sereine et lucide pour son jeune âge. "Pour la finale, je me suis dit que j'avais confiance en moi, dans mes jambes, débriefe-t-elle au micro de France 2. Ça s'est bien passé et j'ai un maillot de championne d'Europe." Même sur le podium, au moment de la Marseillaise, elle met toujours une tête à ses concurrentes. Et avec le sourire, bien entendu.

Mais le plus fou dans cette histoire, c'est que tout est parti d'un concours de circonstances. Il y a quatre ans, Mathilde Gros était encore basketteuse au CREPS d'Aix-en-Provence et rêvait simplement de LFB (Ligue Féminine de Basket). Un jour, un de ses entraineurs lui fait travailler son explosivité sur un vélo d'appartement. Sauf qu'elle pédale comme une dingue et que tout le monde hallucine devant ses statistiques. Certains pensent même que le vélo est défectueux... Faux ! Elle a juste un talent naturel pour le cyclisme et ni une, ni deux, on l'envoie à l'INSEP à Paris, pour passer plus de tests. Résultat des courses : un contrat de six ans jusqu'aux JO de 2020.

La règle des 2T

Petit détail non négligeable : Mathilde Gros n'aime pas particulièrement le vélo. Avant toute chose, elle a accepté le deal parce qu'elle a toujours voulu participer aux Jeux Olympiques. Son entraîneur, Herman Terryn, raconte à 20 Minutes, l'année dernière : "Il a quasiment fallu lui apprendre à faire du vélo." Mathilde confirme : "Mon père essayait toujours de m’emmener faire du VTT mais je détestais ça. Je trouvais ça pffff… Ennuyeux ! Et ça me faisait mal aux fesses."

Mais comme elle le dit si bien sur ses réseaux sociaux, en adepte de citations liées à la motivation, elle aime le "difficile, le compliqué (...) l'impossible." Et la règle des 2T, soit Talent + Travail, va payer.

En 2015 : Championne de France junior du 500 mètres.

En 2016 : Championne de France du 500 mètres et du keirin.

En 2017 : Championne de France du 500 mètres, du keirin, de vitesse, du 500 mètres junior, du keirin junior, de vitesse junior, de vitesse par équipe junior.

Et donc en 2018 : troisième européenne à la vitesse et championne d'Europe du keirin.

Bref, vous l'aurez compris : Mathilde Gros n'a pas encore fini de rêver et de gagner et elle a de très beaux jours devant elle. Pourvu que ça dure jusqu'en 2020. 

Par Ugo Bocchi, publié le 08/08/2018