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Par Asics

Peu importent les règles, la raison ou le score, l’essentiel c’est de bouger.

Une course, 42,195 kilomètres et six relayeurs par équipe, c’est la recette à succès de la passion japonaise qui déferle sur le monde du running : l'Ekiden. 

© Fédération Française d'athlétisme

Ce n’est plus à prouver, le Japon est un pays de passions et d’excès. Et parmi les obsessions nipponnes, il en est une qui reste encore méconnue du grand public : l’Ekiden A.K.A. le marathon-relais. Inventé au début du 20ème siècle et inspiré de l’ancien système de relais entre les gares japonaises, le premier Ekiden de l’histoire a été couru en 1917 sur une distance de 508 kilomètres entre Kyoto et Tokyo. Depuis, la folie n’est jamais retombée.

Une modernisation réunie

La version moderne de l’Ekiden a toutefois beaucoup changé. En effet, il s’agit désormais de courir les 42,195 kilomètres d’un marathon classique en équipe de six relayeurs. Le premier, le troisième et le cinquième coureurs font 5 kilomètres, le second et le quatrième 10 kilomètres, et le dernier 7,195 kilomètres.

Fédération Française d'Athlétisme

Et au Japon, ce type de course est extrêmement populaire. On compte désormais des dizaines d’Ekiden à travers le pays qui sont aussi bien couruees par des équipes d’entreprises qu'associatives, universitaires ou amateures. Mieux encore, partout où elles sont organisées, ces courses constituent des événements majeurs animant toute la ville et toute la communauté.

A noter quand même que la plus célèbre d’entre elles, le Hakone Ekiden, où 20 équipes universitaires rallient Tokyo et Hakone, sort un peu de l’ordinaire. Et pour cause, elle se déroule sur deux jours et des distances de 108 km le premier et 109,9 km le second. Ce qui ne l’empêche pas d’attirer 30% des Japonais devant leurs écrans de télévision. C’est dire la popularité et la richesse de cette discipline.

Le running, une passion japonaise

Mais le succès de l’Ekiden ne doit rien au hasard. Car depuis longtemps déjà, l’archipel se passionne pour le running en général. Popularisé au cours de la reconstruction du pays après la Seconde Guerre mondiale, il se greffe rapidement sur la tradition de l’Ekiden et sur les valeurs japonaises du dépassement de soi, de la discipline mentale, du sens de la communauté et du bien-vivre. A partir de ce moment là, la ferveur ne redescendra jamais.

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Si bien que, même si l’Ekiden ne fait partie ni des disciplines olympiques ni de celles des championnats du monde d’athlétisme, le Japon va discrètement s’immiscer dans le monde du marathon. Comme le rappelait récemment le journal L’Equipe, le pays est celui qui accueille le plus de courses enregistrées par l’IAAF (International Association of Athletics Federations), à égalité avec le Royaume-Uni. Plus étonnant encore, 12 des 18 meilleurs temps non-africains réalisés en marathon en 2017, l’ont été par des Japonais.

De Tokyo au reste du monde

Enfin, autre grand talent japonais : l’exportation des passions nationales. Et l'Ekiden ne fait pas exception à cette tendance à l’origine du succès mondial, notamment, des mangas, de la nourriture japonaise ou du judo. Car cette jolie course où l’effort personnel côtoie la camaraderie a d’ores et déjà envahi la planète. Rien qu’en France, on compte déjà des dizaines de courses organisées par des associations, des collectivités locales ou des entreprises. La plus importante d’entre elles, l'Ekiden de Paris, aura d’ailleurs lieu le 4 novembre prochain dans la capitale. Une occasion exceptionnelle de vous essayer à cette discipline dont la nature même fait qu’elle est accessible à tous, y compris les moins bien préparés. Cinq kilomètres, c’est à la portée de tous ceux qui s’en donneront les moyens. Et c’est bien toute la beauté de l'Ekiden.