Par Paul Bémer

Des célébrations aux déplacements entre coéquipiers, en passant par les nuits brulées manette en main et le nez rivé sur l'écran au lieu de reposer leurs petits corps meurtris, les sportifs sont dingues de Fortnite. Et ce n'est pas prêt de s'arrêter...

Pour ceux qui vivent dans un igloo, Fortnite, c'est ce jeu vidéo en ligne qui fédère des millions de gamers à travers le monde. Un genre de Battle Royale où cent joueurs armés jusqu'aux dents s'affrontent dans un monde ouvert qui se réduit au fil des éliminations, jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un. Le jeu est particulièrement addictif et peut rapidement faire perdre la notion du temps, surtout en pleine nuit. Problématique lorsqu'on a un travail à assumer le lendemain matin, ou qu'on est un sportif de haut niveau pour qui le sommeil fait partie intégrante d'une bonne préparation physique.

Jouer ou courir, il faut choisir

Fin mars dernier, une vidéo fracasse les internets. Deux joueurs NBA - Ben Simmons, meneur de jeu star des Sixers de Philadelphie, et Karl-Anthony Towns, pivot des Wolves du Minnesota - viennent de boucler une partie de Fortnite nocturne. À cette heure avancée de la nuit, Towns prévient qu'il a match le lendemain et ne devrait donc pas tarder à aller se coucher. Simmons lui demande alors contre qui il joue. "Les Hawks d'Atlanta", répond KAT, soit la pire franchise NBA de la saison. "Ok, t'as donc le temps d'en refaire une", blague Simmons avant de lancer une nouvelle partie. Le lendemain, manque de sommeil ou pas, Towns passera 56 pions aux Hawks, record de points inscrits par un joueur des Wolves sur un match.

Depuis, Karl-Anthony Towns a même avoué qu'il jouait parfois jusqu'à six heures du matin avec son coéquipier, Andrew Wiggins, au grand dam de leur coach, l'intransigeant Tom Thibodeau. Et ils sont loin d'être seuls. De la moustache de Steven Adams à Gordon Hayward qui joue avec sa petite sur les genoux, en passant par Lonzo Ball qui réveille sa copine en pleine nuit pour fêter sa victoire comme s'il venait d'être nommé MVP, le contingent des joueurs NBA accros à Fortnite augmente de jour en jour.

Steven Adams s'en frise la moustache.

Gordon Hayward n'a pas le temps de pouponner.

Madame Lonzo Ball est contente.

Si des stars planétaires comme LeBron James, Stephen Curry ou James Harden multiplient les frags en ligne comme les paniers sur le parquet, le maître du jeu reste Josh Hart, arrière rookie des Lakers de Los Angeles. Tellement addict qu'il ne se déplace jamais sans sa valise spécialement conçue pour transporter sa Xbox et une petite télé d'une cinquantaine de centimètres. Hart a même poussé le vice jusqu'à comparer sa première victoire à Fortnite au titre universitaire conquis avec les Wildcats de Villanova, et porte désormais des sneakers customisées avec son avatar dans le jeu.

Let's celebrate !

Outre la NBA et les sports US en général, Fortnite s'est également propagé dans d'autres disciplines comme le football ou le rugby grâce à un détail bien particulier : la possibilité de faire danser son personnage à n'importe quel moment du jeu. Ainsi, après un but, un essai, ou toute autre réussite dans leur discipline respective, nombreux sont les sportifs à reproduire les différents moves dans leur célébration. La plus connue étant directement inspirée du Backpack Kid et son envoutante floss dance.

Et réalisé par des pros comme Antoine Griezmann ou Léo Messi, cela donne ça :

Même le rappeur Drake, aka "TheBoyDuddus" lorsqu'il joue en ligne, a succombé à cette mode après avoir observé pendant des heures un gamer célèbre nommé Ninja sur Twitch, la plateforme de streaming exclusivement réservée aux jeux vidéo. Les deux ont ensuite joué plusieurs fois ensemble, poussant Drake a lui offrir 5 000 dollars s'il parvenait à remporter la partie. Une formalité pour Ninja qui, avant d'empocher son petit pactole, a demandé au 6God s'il comptait faire référence au jeu dans l'un de ses textes. Réponse : oui, mais seulement si les développeurs intègrent sa "Hotline Bling Dance" à leur catalogue de célébrations. Parce que business is business, même affalé en calecif sur son canapé.