Par Ugo Bocchi

Un peu, parfois, beaucoup... Peu importe ta régularité, tu as déjà enfilé un short et usé tes baskets sur l'asphalte de la capitale. La preuve par trente.

  • Tu t'es déjà fait "ding ding" par un vélo parce que tu courais sur une piste cyclable.
  • Tu t'es déjà fait "tut tut" par un bus parce que tu courais dans son couloir.
  • Tu t'es aussi fait engueuler par un mec en trottinette, un automobiliste, un skateur, un serveur, des personnes âgées qui marchent en rang sur toute la largeur du trottoir, des boulistes et même des enfants... La jungle parisienne est impitoyable.
  • Tu as déjà failli te faire renverser par une voiture, un scooter, un taxi, un camion, et même des enfants...
  • Du coup, tu te déguises en agent de la DDE avant de sortir de chez toi.
  • Tu as déjà écrasé une crotte de chien et tu n'as pas su comment réagir. S'arrêter et s'essuyer au risque de ne jamais repartir ? Ou bien faire comme si de rien n'était, courir en se pinçant le nez et risquer de glisser à chaque appui ?
  • Tu slalomes comme personne au milieu de la foule. Les week-ends, les après-midi ensoleillés, les journées sans voitures... Pas de souci pour toi. Dans le milieu, on t'appelle Alberto Tomba.
  • Tu es déjà rentré en métro après un footing. Ce jour-là, tu t'étais clairement surestimé.
  • Tu as l'impression d'avoir fumé un paquet de clopes après une demi-heure de course. Si tu ne l'as pas fumé avant... D'ailleurs, un peu comme les pros qui s'entraînent en montagne, quand tu cours autre part qu'à Paris, tu as l'impression d'avoir des capacités respiratoires hors-normes.
  • Tu ne sors jamais sans ton smartphone.
  • Tu ne sors jamais sans ton brassard pour smartphone.
  • Tu ne sors jamais sans tes écouteurs non plus. Un petit footing en musique, ça s'improvise n'importe quand.
  • Parce que, oui, tu possèdes une application de running. Plusieurs même.
  • Mieux, tu fais partie d'un club, d'une team, qui est elle-même inscrite sur une application de running. Le serpent qui se mord la queue, toussa toussa, tu connais.
  • Mais ça ne t'empêche pas d'apprécier l'analyse de ton parcours, tes allures ou tes temps sur le chemin du retour. 
  • Au feu rouge, tu restes toujours en mouvement. Tu sautilles sur place, quoi. Le ridicule qui ne tue pas, toussa toussa, tu connais.
  • En sueur, la bave blanche au coin des lèvres, tu as déjà regardé avec envie des gens en terrasse.
  • Tu t'es dit "putain, j'suis tout sec !" et tu t'es promis de ne plus jamais courir à l'heure de l'apéro.
  • Tu utilises plein de hashtags incluant "Run" et/ou "Paris", sans trop savoir exactement lequel est le plus judicieux. #CourirParis ? #RunInParis ? #RunningParis ? #RunninParis ? #RunParis ? #ParisRunning ? #RunWithParis ? #RunPari ? #PariEnLigne ?

#RunPari

 

  • Tu cours avec un maillot de foot ou de basket.
  • Et depuis peu, tu cours avec le maillot Jordan du PSG. Bah ouais, t'es multisports toi. Dans le milieu, on t'appelle le prof' d'EPS.
  • Pour un Parisien, courir sous la pluie, c'est la routine. Et comme la routine, ça mouille, tu cours parfois en salle.
  • Tu connais toutes les rues de ton quartier. Toutes les impasses aussi. "J'comprends pas. Sur l'appli, ça ressemblait à un super raccourci..."
  • Tu as toujours été sportif, mais tu t'es mis à courir parce que le jour où un type fera payer les runners dix euros de l'heure pour transpirer dans un ancien hangar SNCF n'est pas encore arrivé...
  • Tu n'as pas attendu d'avoir des enfants ou un labrador pour passer tes week-ends au parc.
  • Tu aimes courir le long des canaux parisiens. Sauf le dimanche matin.

  • Pour toi, la bière, c'est après l'effort. "Bah quoi ? C'est comme un bol de céréales liquide..."
  • Remarque, t'as déjà couru pour éliminer l'alcool de la veille. Dans le milieu, on t'appelle Joe Strummer.

En 1982, Joe Strummer, le chanteur des Clash, a couru le marathon de Paris un lendemain de cuite.

  • Mais ça n'explique pas pourquoi les touristes asiatiques te prennent en photo...
  • Tu es un citoyen écoresponsable. La municipalité te remercie.