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Des femmes sur les toits du monde

Le Groupe Féminin de Haute Montagne (GFHM) promeut l’alpinisme au féminin !

L’alpinisme est l’un des premiers sports mixtes pratiqués en France. Pourtant, seulement 2% des guides de haute montagne sont des femmes. Le Groupe Féminin de Haute Montagne (GFHM) promeut l’alpinisme au féminin ! Huit d'entre elles ont suivi la formation proposée pendant les années 2016-2018, nous les avons rencontrées.

© GFHM

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À 100% raccordées

Créé il y a dix ans, le GFHM permet à toutes les montagnardes chevronnées, d’avoir accès à une formation de deux ans, à raison de six week-ends par an. Le but : acquérir une autonomie complète dans toutes les disciplines de montagne, de la technicité et de la confiance afin d’amener des personnes, par monts et par vaux, gravir des sommets en toute sécurité. 

© Tanya Naville

Sur les cent vingt-deux dossiers reçus, soixante iront en journée de sélection et huit seront finalement retenus. Tanya Naville suit depuis cinq ans les différentes promotions. Cette activiste des sports féminins de montagne est, entre autre, responsable bénévole du groupe : « ce qui est important pour nous dans cette journée de sélection sur le terrain, c’est de tester la motivation de chacune, de voir leurs capacités physiques, notamment leur niveau à ski et en escalade, le tout sur des terrains variés. »

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© Léo Wattebled

Mais au-delà du physique, c’est aussi une histoire de tempérament, « à niveaux égaux, il y aura des caractères différents. À nous, jury, de construire le groupe le plus harmonieux possible. » En effet, les candidates signent pour deux années de formation en collectivité, il est donc préférable de bien s’entendre. Pour Séverine, diplômée en septembre 2018, l’implication va au-delà des cimes : « les filles avec qui j’ai fait la formation sont plus que des compagnes de montagne, elles sont devenues des amies. Un lien très fort s’est créé entre nous. »

À 100% en montagne

Dans un milieu si hostile et grandiose, la montagne ne pardonne pas. Il faut rester concentré, faire confiance et se faire confiance. Ces femmes engagées affinent, tout au long de leur parcours, leur autonomie, gagnent en assurance et en technicité. Séverine confirme : « en tant que femmes, on a plus tendance à se mettre en retrait. Maintenant, je me sens capable d’être à l’avant d’une cordée. J’ai acquis une autonomie complète et je sais que je peux encadrer un groupe seule. La formation a vraiment répondu à mes attentes! »

© Tanya Naville

Même si elles n’obtiennent pas le diplôme de « guide », qui nécessite une autre formation, mais celui « d’initiatrice alpinisme », ces expertes peuvent emmener des pratiquants en haute montagne, ou encadrer bénévolement dans des clubs. Elles valident également des unités de formation fédérale au sein de la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne (FFCAM).

100% féminin

Les liens en montagne ne se tissent pas seulement au moment de la cordée mais au quotidien. « Pendant la formation, elles doivent monter une expédition ou un projet de deux semaines valorisant l’image des femmes en montagne, cela nécessite de l’organisation. La coordination est important dans ces moments-là » explique Tanya.

© GFHM

En parallèle du groupe, chacune continue de vivre sa vie et de s’entraîner. Elles se retrouvent et s'organisent des week-ends hors formation. « On prend un réel plaisir à se voir et à aller en montagne ensemble dès qu’on peut. » Toutes dispatchées dans la région Auvergne/Rhône-Alpes, ces montagnardes sont toujours prêtes à chausser crampons et harnais. Pour Séverine « une ambiance de femmes est différente d’une ambiance mixte. Je n’ai pas particulièrement rencontré de discrimination de la part des hommes, mais il est clair qu’entre femmes on n’hésite pas à montrer ses faiblesses. » La non-mixité a cet avantage de laisser les femmes libres de s’exprimer physiquement et psychiquement, loin de tout jugement ou de pression masculine.

Pour plus d’informations sur le site de GFHM et de Tanya Naville.

Par Asics, publié le 28/03/2019

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